
La matinee debute par un passage au marche aux fruits et legumes d'Elbasan. On y trouve des produits "bio", certainement moins par choix ethique que par manque de moyens des agriculteurs pour acheter des traitements chimiques. Petit dejeuner pancakes aux fruits avec une grappe de Peacecorps, puis je m'elance a pieds vers la sortie de la ville.
Seulement voila. En Albanie, les voitures sont moins nombreuses qu'ailleurs (carioles tractees par un cheval et velos constituent des alternatives non negligeables) et ne semblent pas circuler pour un oui ou pour un non, a en voir le chargement de la plupart d'entre elles. Sans compter qu'une voiture sur trois est un taxi ou un "furgon", qui part des lors que huit passagers ont embarque. Enfin, difficulte ultime, les motivations de l'autostoppeur sont reellement incomprises des habitants.
Au bout de quelques dizaines de minutes, deux personnes commencent a faire le pied de grue avec moi, et tentent de me dissuader de faire du stop. Bien que leur presence parte certainement d'une intention louable, elle ne me rend sans doute pas service. Ils me poussent finalement dans un bus qui se dirige vers Gramsh. L'ambiance n'y differe guere des transports en commun francais. Chacun est sagement assis en silence, une personne par paire de sieges.
Bien que dans un etat correct, la route serpente a travers cette region tres vallonnee, et les nombreux arrets du bus rendent interminable le trajet de 50 km. A Gramsh, je suis gentillement invite a la table d'une famille a laquelle se tient aussi Tauschia, mon hote Peacecorp. Au menu : des bureks - pardon, byreks en albanais - vegetariens et des tomates fourrees d'un delicieux melange au yaourt. En tant qu'invite masculin, j'ai aussi droit a un verre de raki (la rakja des Croates et Serbes) et a un autre de bierre, de meme qu'a des "Gezuar!" ("Sante!") a chaque fois que le chef de famille s'apprete a boire une gorgee. Pour eviter d'etre resservi indefiniment, mieux vaut ne pas s'empresser de finir verres et assiette...
Le mercure depassant allegrement les 30 degres, on s'adapte naturellement au rythme de vie des Albanais, avec sieste ou lecture a l'ombre des maisons. Vers 19h00, les rues de Gramsh jusqu'alors desertes se noircissent soudain de monde. Puis les Peacecorps locaux se reunissent chez Tauschia, repas et partie de cartes animee. |