Franchir une frontiere a pieds est en general une experience amusante. On double des automobilistes patientant dans leur habitacle et qui vous regardent avec des yeux de merlan frit. Ayant campe non loin de la douane entre la Turquie et la Bulgarie, il m'aura simplement fallu remonter durant trois kilometres une longue file de camions egalement a l'arret avant de savourer pleinement cette liberte de marcheur.
La Bulgarie appartenant a l'Union Europeenne depuis le premier janvier 2007, on y entre desormais comme une lettre a la Poste. Cela dit, je suis quand meme amene a montrer mon passeport tous les 50 metres a un nouvel agent. Poste turc, poste bulgare, poste de l'U.E., poste des autoroutes... et apres je ne sais pas. Poste de promotion du yaourt bulgare peut etre ?
Suite a un court trajet dans un hammam ambulant (une camionnette dont les fenetres ont rendu l'ame), je remarque que l'axe Istanbul - Sofia est essentiellement emprunte par des familles turques expatriees en Allemagne, ou parfois en France. Les voitures chargees a bloc reviennent "au bled" pour l'ete. Heureusement, quelques vehicules bulgares s'aventurent aussi sur cette route. L'un d'eux m'emmene jusqu'a Haskovo, ou, apres un long episode de marche, un autre chauffeur m'offre un ticket pour Stara Zagora. Mes bienfaiteurs du jour meritent bien un "Merci!", l'un des nombreux mots que la langue bulgare a empruntes au francais.
Suite a la secheresse des paysages albanais, grecs et turcs, les forets apercues a peine la frontiere passees prennent a mes yeux une valeur inestimable. Ajoutons a cela la facilite a etre pris en stop (pourvu que ca dure!), les prix tres doux ainsi qu'un hote des plus cool pour conclure que mon sejour dans le neuvieme pays traverse debute sous les meilleurs auspices !