Maintes fois difere, mon depart de Gradac est encore retarde un peu plus par un orage (les coups de tonnerre sont frequents depuis deux jours). Dans les heures qui suivent, deux conducteurs successifs m'approchent de Dubrovnik, 120 kilometres plus au sud, puis je descends a pieds vers la vieille ville, aux environs de 17 heures.
Ceinturee par un mur d'enceinte, "la perle de l'Adriatique" est saisissante de robustesse, et une lumiere toute particuliere se reflete sur ses pierres claires. Plusieurs groupes de touristes dont de nombreux Francais arpentant deja les rues en ce mercredi, j'ai probablement bien fait d'eviter le week-end. La ville a beau scintiller d'elegance, elle laisse comme Venise impression un peu desagreable de traverser un decor denue de vie locale, dans lequel on ne croise que des visiteurs et la restauration qui les attend.
Ma curiosite est titillee par quatre Francais attables dans un bar de globe-trotters. Ceux-la n'ont rien en commun avec les autres compatriotes entendus et croises au dans les rues. Cheveux et barbes hirsutes, bronzage bien marque, sacs a dos d'expedition... J'ai de la concurrence! Les quatres comperes m'indiquent qu'ils ont quittes la France il y a huit mois. Etudiants en commerce a Angers, ils se payent un tour de Mediterranee a pieds, avec un theme qui coule de source : l'huile d'olive. Au gre des rencontres, Armand, Jean, Martin et Guillaume se penchent sur diverses initiatives qu'ils restituent sur leur site internet (http://www.apetitspas-asso.fr/). Passionnant. Comme ils longent les cotes Ionniennes et Adriatique dans le sens inverse du mien, nous partageons nos experiences de longues heures durant, jusqu'a la fermeture du bar.
Manque de chance, c'est le moment choisi par les orages pour refaire leur apparition. Gorges d'eau et de fatigue, nous plantons finalement nos tentes respectives dans un parc situe a quelques centaines de metres de la vieille ville.