
N'ayant pas eu l'occasion de faire une rando depuis le Tessin, je ne vais pas m'en priver. Il est deja 9h00 lorsque je quitte Gradac a pieds, equipe de trois litres d'eau et de quelques provisons. Une vieillee route monte en pleine pente jusqu'au cimetiere et y laisse place a un chemin.
Gradac se situe a l'extremite sud de la riviera de Makarska (du nom de l'unique ville du secteur), une cote de 50 km dominee par une chaine montagneuse culminant a 1700 metres d'altitude dans le parc national - un de plus - du Biokovo. D'apres plusieurs sons de cloche concordants, evoluer dans cette zone necessite d'etre vigilant face aux serpents, dont on observe une recrudescence depuis l'ete dernier. Selon Ricardo, ce phenomene serait du a la construction de l'autoroute Split - Dubrovnik de l'autre cote du massif, qui les aurait pousse a trouver refuge dans les reliefs. Arme d'un baton, je ne croiserai neanmoins qu'un serpent, et verrai davantage detaler sur mon passage des specimens d'une sorte d'enorme lezard vert qui m'est inconnu, mais quant a lui inofensif.
Rapidement, la foret de pins cede la place a un paysage tres rocailleux et a une vegetation eparse. Apres avoir franchi une barriere rocheuse, le chemin contourne de petits pres dans lesquels on peut voir paitre chevres et anes. La chaleur ecrasante est heureusement attenuee par une legere bise. Ayant fait une boucle, j'avale mon sandwich sans avoir trouve le chemin du pic Iliya, le plus haut du coin. En rebroussant chemin, je croise finalement un petit groupe qui m'indique le balisage a suivre sur un sentier peu lisible.
A 773 metres au dessus du niveau de la mer, s'offre alors un panorama a 360 degres. Sur les montagnes, les iles faisant face au continent, des lacs dont m'a parle Ricardo, et, plus a l'est, des plaines situees au pied de massifs dont les sommets sont encore saupoudres de neige. La Bosnie.
De retour a Gradac, rehydratation suivie d'un bain sale o combien agreable. A ma connaissance, les sites qui permettent de crapahuter en montagne puis de plonger dans la mer dans la meme journee sans meme avoir recours a la voiture ne sont pas si nombreux...
En soiree, j'ai tour a tour l'occasion de bavarder avec Monika puis avec Ricardo, des hotes vraiment adorables. |