
Aux antipodes de l'effervescence de Budapest, les deux derniers jours ont ete des plus paisibles. A Veszprem, je suis heberge par Bori, prof d'anglais (en ce moment je les collectionne) de vingt-huit ans qui habite un quartier residentiel au cachet un peu anglais, avec ses maisons serrees les unes aux autres, chacune etant reliee au trottoir par une courte allee et un jardinet. mon hote vit sous le meme toit que son conjoint Peter, son petit frere et son pere. Nous nous verrons assez peu, puisqu'elle s'absente du vendredi matin au samedi soir, cumulant a Budapest cours d'anglais et formation de traductrice.
Le premier de ces deux jours, je mets le cap sur le lac Balaton. Mon pouce m'introduit dans la voiture d'un gerant de camping, qui, apres m'avoir indique que l'acces a la plage du site coute 150 forints (soit pres de six euros!) - proposition que je decline evidemment en repondant que je chercherai une zone de gratuite apparemment rare au bord du lac Balaton - m'invite finalement a entrer sans payer. En achetant un langos a une echoppe un peu plus tard, j'apporterai cependant ma modeste contribution a la recette quotidienne de ce camping. Recette surement bien maigre, car si la taille du site laisse imaginer que le Balaton est la cote d'Azur des Hongrois, l'endroit est deja presque deserte. On n'y trouve plus qu'une tenace poignee de camping-cars allemands (pardon pour le pleonasme) dont quelques occupants languissent sur la plage herbeuse.
C'est peut etre mieux ainsi. Largement urbanise et voue au tourisme d'apres ce que j'ai pu observe de mes propres yeux, entendre et voir sur la carte, le lac Balaton me fait penser au Leman. mais sans les montagnes, ca a moins de charme. Si l'eau y est bonne, il faut nager quelques dizaines de metres avant de ne plus avoir pieds. Sur la rive opposee, cote sud, la declivite est encore plus faible m'a-t-on dit. Bref, l'endroit ne portera pas la mention "inoubliable" dans mes souvenirs.
Apres une vague d'orages, la temperature s'est franchement rafraichie le jour suivant, et le ciel ne tardera pas a s'assombrir de nouveau. On ne mettrait plus un orteil dans l'eau. Mes sandales rejoignent le sac, elles risquent de ne pas en ressortir de sitot. Je pars a la decouverte de Veszprem, qui semble se livrer a une operation "ville morte". Hormis quelques grappes de touristes et un couple de maries, on ne rencontre pas un chat dans le centre et son vieux bourg. A se demander ou sont passes les 60 000 habitants, qui ne risquent pourtant pas de s'etre echappes vers le lac! En ce samedi apres-midi, les trois quarts des commerces sont fermes, ce qui renforce l'impression de vide. Journee de deuil national ? Non non, week-end banal me confirmera Bori... |