
La journee commence bien. A la sortie de Victoria, mon pouce n'est pas a l'oeuvre depuis cinq minutes qu'une confortable berline s'arrete. Direction Sibiu, ma destination du jour, sans correspondances ni contretemps.
Au volant, Cristian, 25 ans et deja manager en Roumanie d'une entreprise basee en Hongrie. Ayant vecu et etudie a Vienne, mon chauffeur a plus d'une langue etrangere a son arc. Discussion passionnante autour des questions de peuples et d'identites. Je ne m'en lasse pas.
Sibiu, 150 000 habitants, a ete designee capitale europeenne de la culture en 2007, alors que la Roumanie venait de recevoir sa carte de membre de l'U.E. Un coup de projecteur apparemment benefique pour cette ville aux allures de petite soeur de Brasov. Meme passe saxon, memes places centrales elegantes propices a la contemplation, memes larges rues pietonnes dont les visiteurs battent les paves qui ne sont pas deja occupes par des cafes. Abondance de boutiques ou s'entassent les fringues de seconde main, maisons aux teintes pastel, quelques rues secondaires de paves ou de gravillons qui n'ont pas encore ete gagnes par l'asphalte. Depuis le clocher de l'eglise evangelique, on jouit d'une vue panoramique sur la cite, et, pragmatisme oblige, on peut aussi se rendre compte qu'il serait vain de chercher un coin propice pour arrimer une tente a distance raisonnable.
L'office de tourisme m'aiguille vers une auberge de jeunesse - camping (on peut dormir dans le jardin), avant une soiree en deux temps. D'abord, diner en terrasse avec une couchsurfeuse nommee Irina et quelques unes de ses amies de bonne compagnie, bien que pendues sans cesse a leur portable. De retour au camping, je fais connaissance avec mes voisins de tente, trois Roumains de Bucarest venus specialement pour assister au concert de metal qui agitait la Grand place un peu plus tot. Autour d'une biere, on parle musique, cine et politique. |