Ces derniers jours, la pluie et le froid ambiants m'ont rendu un tantinet ronchon. Pour rester optimiste, il faut reconnaitre qu'ils presentent malgre tout quelques avantages : la quete d'eau ou d'autres boissons n'est plus une preoccupation de tous les instants. Il redevient possible de crapahuter avec un lourd sac a dos sans suer a grosses gouttes, de manger du chocolat, de faire des provisions pour un pique-nique qui ne degoulineront pas partout et conserveront meme tres bien, la temperature exterieure s'approchant actuellement de celle d'un refrigerateur.
Midi, 9 degres lorsque je m'apprete a quitter Bratislava. Le ciel reste invariablement gris. Si trouver une station-essence judicieusement placee me prendra un peu de temps, ensuite, la chance me sourit une fois de plus rapidement : trajet direct par l'autoroute pour Trencin, une centaine de kilometres plus loin. Chauffeur peu bavard mais voiture confortable et chauffage enveloppant qui invite a la somnolence. Rendu au froid sur une bretelle d'asphalte, il me reste quelques kilometres a parcourir pour atteindre le centre de Trencin, 56 000 habitants. L'immanquable chateau qui trone sur une colline me sert de boussole, puis de point de chute. Ses salles d'exposition abritent des portraits de Habsbourgs et d'autres tetes couronnees, de larges tableaux refletant d'epiques batailles, et une collection d'armes d'epoque. Du haut du donjon, on peut embrasser du regard un paysage qui reprend du relief apres la plate Hongrie et les environs de Bratislava, qui le sont tout autant. Entre des collines biscornues coule la Vah, principale riviere de Slovaquie.
Hesitant entre plusieurs lieux de camping potentiels, j'opte finalement pour les sous-bois d'une de ces collines, affranchis du tumulte urbain. La nuit sera fraiche, mais seche.