
Rarement j'aurais leve le pouce des 7h00 du matin. Ibrahim et sa famille partant travailler de bonne heure, ils m'ont tire du lit a 6h15. Un sacre decalage horaire suite aux reveils tardifs a Istanbul, ambiance etudiante desinvolte oblige...
Cependant, Luleburgaz se prete bien peu au stop. De bonne heure, on n'y voit que des bus et minibus qui charrient leur lot d'ouvriers vers les usines de textile. Quand apparaissent sporadiquement des voitures en direction d'Edirne, elles ne semblent pas aller bien loin... Pour la premiere fois en Turquie, l'attente s'etire donc a n'en plus finir. Apres pres de trois heures, j'abandonne la chaussee pourtant propice a un arret en toute securite, histoire d'atteindre une station-essence, 600 metres plus loin. Debute alors une vaudevillesque succession d'invitations a boire le the, d'abord de la part d'un distributeur de tracteurs puis de celle des pompistes qui ne pretent guere attention a mon refus. A defaut d'avancer, je ne risque pas la deshydratation : en l'espace de deux heures, j'aurais avale 2 grandes tasses de the, 2 petites, 1 Nescafe et trois viennoiseries !
Meme a la station-essence, personne ne semble se rendre a Edirne. Je finis par me plonger dans la lecture du Today's Zaman, un quotidien anglophone sur l'actualite turque. Enfin, je tombe sur le bon samaritain du jour, il est deja midi ! Non content de me descotcher de Luleburgaz, lui aussi participe au fond d'hydratation des autostoppeurs en detresse, en m'offrant "LE Cola" alternative turque au geant americain.
Situee a un jet de pierre des frontieres avec la Grece et la Bulgarie, Edirne merite amplement qu'on y fasse une pause. Ne fut-ce que pour visiter la magnifique mosquee de Selim, consideree comme l'un des chef d'oeuvre de l'art ottoman. D'autres mosquees plus calmes valent egalement le detour. Dans cette ville a taille humaine, le voile se fait rarissime.
Tandis que le soleil fuit en rougissant, je prends la direction de la Bulgarie. Depuis un pont en sortie d'Edirne s'offre a moi un panorama bucolique. Des chevaux, des enfants jouant dans des champs, et une mosquee en toile de fond. Mon dernier cliche de Turquie. |